La principale ressource, c’est vous !

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Trouver des moyens de vivre décemment demande de l’énergie. Mais le plus dur est de prendre conscience de ses propres ressources. Et chacun en a.

Il ouvre un œil après une nuit sans sommeil. La journée qui s’annonce est semblable aux autres. Vaine. Personne ne l’attend au travail. Il n’a personne à chérir. Se lever, se laver, s’habiller, pour faire quoi ? Il est tenté de rester au lit. Mais il a rendez-vous avec son assistante sociale. Pour continuer de percevoir le RSA. Et pour trouver le moyen d’apurer une dette. On va mettre à plat les comptes. Des rentrées minimes, des dépenses toujours plus élevées, le constat d’un budget chaque jour plus difficile à tenir…

Au-delà du budget

« Ça demande de l’énergie de tenir ses comptes, témoigne une conseillère en économie sociale et familiale. Mais regarder son budget, c’est comme faire son itinéraire pour atteindre son but ». Au-delà de ce travail, l’assistante sociale s’attellera à une tâche autrement plus profonde et porteuse : restaurer l’estime de soi de ses interlocuteurs. Leur faire prendre conscience de leurs ressources. Tous en ont, mais ils ne le savent pas.

Le bénévolat, une passerelle

S’ouvrir aux autres, donner de son temps, la seule richesse que l’on peut partager, c’est parfois la clé pour faire émerger ses ressources. Fanny Duval, référente famille à Aytré (17), en est témoin : « une jeune femme est devenue ma collègue en faisant du bénévolat à l’épicerie sociale. Après une rupture de vie difficile, elle s’est remobilisée. A tel point que lorsqu’un poste s’est libéré à l’accueil, c’est elle qui l’a pris. » ATD Quart Monde propose une forme particulière de bénévolat : appelés militants, les volontaires ont pour mission de faire remonter la parole des personnes aussi démunies qu’elles, pour aider l’association dans ses actions. Leur donner la parole, c’est leur donner la reconnaissance qui leur manque. Comme Catherine, qui a découvert ses ressources (voir ci-dessous).


Catherine a trouvé la parole
Après le décès de son mari, Catherine a sombré. Alcoolisme, séjour à l’hôpital, placement de sa fille en famille d’accueil… La galère, elle connaît. Un jour, elle rencontre une « alliée » (bénévole) d’ATD Quart Monde, qui lui propose de les rejoindre. Elle est invitée à prendre la parole. « Je n’osais pas. J’étais bloquée. Je n’avais jamais parlé en public. (…) Je me suis lancée. J’ai vu que je ne disais pas des conneries puisque les gens m’écoutaient. (…) Depuis, je n’arrête pas de parler. Faut croire que d’être écouté, ça donne envie de parler. » Avez-vous changé ? A cette question, elle répond : « Oui, j’ai changé. La preuve, ce matin, je me suis levée à sept heures et j’ai décidé d’aller faire mon dossier de demande de changement de logement. Celui qu’on occupe est trop petit et pas commode. Aujourd’hui, je n’ai plus peur de faire ces démarches. »

Patricia Erb

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